Publié le 05/08/26 dans les thématiques Microbiotes
Il était une fois une odeur si universelle qu’elle reçut son propre nom : le petrichor.
Cette odeur si particulière qui s’élève du sol après une pluie d’été, lorsque les premières gouttes frappent une terre restée sèche pendant plusieurs jours. Une odeur rassurante, familière, presque universelle, qui évoque pour certains les promenades en forêt, pour d’autres les jardins après l’orage ou les souvenirs d’enfance. Pendant longtemps, on pensa simplement qu’il s’agissait de l’odeur de la terre mouillée. Mais la réalité s’avéra bien plus surprenante.
Au milieu des années 1960, les chercheurs américains H. Gerber et Hubert Lechevalier s’intéressèrent aux composés responsables de cette senteur caractéristique. Leurs travaux les conduisirent à identifier une petite molécule organique produite par certaines bactéries du sol : la géosmine, dont le nom dérive du grec gê (terre) et osmê (odeur).
Cette molécule possède une propriété remarquable : l’être humain est capable de la détecter à des concentrations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques parties par mille milliards. Autrement dit, notre nez est particulièrement sensible à ce signal chimique produit par des microorganismes invisibles.
Les principaux producteurs de géosmine appartiennent au genre Streptomyces, un groupe de bactéries filamenteuses abondamment présentes dans les sols du monde entier.
Pendant des décennies, la géosmine fut considérée comme un simple sous-produit du métabolisme de ces bactéries, une curiosité chimique parmi d’autres.
Puis, en 2020, une équipe dirigée par Roman Becher publia dans Nature Microbiology des travaux qui allaient changer cette vision. Les chercheurs démontrèrent que la géosmine joue en réalité un rôle écologique bien plus sophistiqué qu’on ne l’imaginait. En effet, lorsque les Streptomyces arrivent à maturité, ils produisent simultanément des spores destinées à assurer leur dissémination et de la géosmine qui diffuse dans l’environnement. Cette odeur attire alors de petits arthropodes du sol, notamment les collemboles, qui viennent au contact des colonies bactériennes et repartent couverts de spores.
Autrement dit, les bactéries utilisent leur parfum comme un véritable outil de dispersion. Bien avant que les plantes à fleurs n’inventent leurs fragrances pour attirer les pollinisateurs, des microorganismes du sol avaient déjà développé leurs propres stratégies chimiques pour voyager et coloniser de nouveaux territoires.
Ainsi, l’odeur que nous associons à la pluie est le message discret laissé par des bactéries du sol, un parfum qui cache des millions d’années d’évolution.
Cette découverte rappelle que les bactéries ne se contentent pas de survivre dans leur environnement. Elles communiquent, interagissent et manipulent parfois le comportement d’autres organismes grâce à une remarquable diversité de molécules.
À bientôt pour un prochain épisode de la Smaltis’toire !
Caractérisation des PDRN dans les actifs cosmétiques
Les PDRN suscitent un intérêt croissant en dermatologie, en médecine esthétique et dans le développement d’actifs cosmétiques. Longtemps associés à des préparations issues de salmonidés, ils sont désormais également étudiés à partir de ressources végétales et algales. Cette diversification des sources et des procédés d’obtention appelle une caractérisation adaptée à chaque préparation, afin de comparer les ingrédients sur des critères scientifiques documentés et d’accompagner leur développement.
Borrelia : la précision quantitative au coeur de l’inoculum
Premier épisode consacré aux bactéries exigeantes : les Borrelia, spirochètes responsables de la borréliose ou maladie de Lyme, pour lesquelles la précision du dénombrement conditionne directement la qualité de l’inoculum.
Chez Smaltis, nous travaillons notamment avec Borrelia afzelii, Borrelia burgdorferisensus stricto et Borrelia garinii, trois espèces majeures du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato impliquées dans la borréliose ou maladie de Lyme.
Cutibacterium acnes : quand la souche compte autant que l’espèce
À la surface de notre peau et au cœur des follicules pilo-sébacés vit une bactérie bien connue : Cutibacterium acnes. Particulièrement abondante dans les zones riches en sébum, cette bactérie à Gram positif et anaérobie aérotolérante est fréquemment associée à l’acné.
Pourtant, sa présence n’est pas en elle-même le signe d’un déséquilibre. C. acnes fait partie du microbiote cutané normal et se retrouve aussi bien sur une peau saine que sur une peau à tendance acnéique. Certaines études ont même montré que son abondance globale pouvait être relativement comparable dans ces deux situations.
Le rôle de C. acnes ne peut donc pas être compris en recherchant uniquement sa présence ou en mesurant sa quantité. Il dépend également de la composition de sa population, des propriétés des souches qui la constituent et de leurs interactions avec leur environnement.
Résistance de Pseudomonas aeruginosa aux odilorhabdines : MexXY(OprM) au cœur de la réponse bactérienne
Pourquoi une molécule antibiotique active contre plusieurs bactéries à Gram négatif peut-elle perdre une grande partie de son efficacité face à Pseudomonas aeruginosa ?
Une étude publiée en 2026 dans Microbiology Spectrum, à laquelle Smaltis a contribué, apporte de nouveaux éléments de réponse. Elle montre que la pompe d’efflux MexXY(OprM) joue un rôle majeur dans la résistance de P. aeruginosa aux odilorhabdines, une nouvelle classe d’antibiotiques ciblant le ribosome bactérien.
Au-delà de ce résultat, cette étude illustre une réalité essentielle pour le développement de nouveaux antimicrobiens : connaître la cible d’une molécule ne suffit pas. Il faut aussi comprendre comment la bactérie la détecte, s’y adapte et organise sa défense.
Choisir la bonne souche pour construire un modèle microbiologique pertinent
En microbiologie, une souche n’est jamais un simple élément du protocole. Elle porte un génome, une histoire et une origine qui conditionnent ce que l’expérience pourra réellement montrer. Deux souches appartenant à la même espèce peuvent ainsi produire des résultats différents, tous techniquement justes, mais qui ne répondent pas nécessairement à la même question.
C’est pourquoi, chez Smaltis, le choix de la souche fait partie intégrante du design expérimental. Avant d’ouvrir une collection ou de rechercher un isolat, nous clarifions l’objectif du projet : faut-il standardiser une méthode, comprendre un mécanisme, évaluer un antimicrobien, reproduire un phénotype de résistance ou représenter une situation clinique ? La réponse détermine ensuite le modèle pertinent : souche de référence, isolat humain, vétérinaire ou environnemental, panel de souches, mutant disponible ou souche construite à façon.
Il était une fois une odeur si universelle qu’elle reçut son propre nom : le petrichor.
Cette odeur si particulière qui s’élève du sol après une pluie d’été, lorsque les premières gouttes frappent une terre restée sèche pendant plusieurs jours. Une odeur rassurante, familière, presque universelle, qui évoque pour certains les promenades en forêt, pour d’autres les jardins après l’orage ou les souvenirs d’enfance. Pendant longtemps, on pensa simplement qu’il s’agissait de l’odeur de la terre mouillée. Mais la réalité s’avéra bien plus surprenante.
Gestion de la contamination microbiologique : identifier, comprendre et prévenir la récidive
Une contamination microbiologique ne se limite pas à un résultat non conforme. Dans un développement R&D, un contrôle qualité, un procédé industriel ou une production biologique, elle pose immédiatement des questions concrètes : d’où vient le contaminant, est-il ponctuel ou récurrent, quel est son impact, et comment éviter qu’il ne réapparaisse ?
La réponse ne consiste pas seulement à identifier la bactérie puis à relancer le procédé. Pour maîtriser durablement une contamination bactérienne, il faut construire une investigation capable de relier les observations de laboratoire au contexte réel : échantillons, flux, matières premières, équipements, nettoyage, désinfection et pratiques de terrain.
Chez Smaltis, nous abordons ces situations comme une enquête microbiologique structurée : comprendre le problème, isoler les contaminants, identifier et comparer les isolats, conserver les éléments utiles, puis tester les solutions de prévention adaptées.
Microbiote cutané : cultiver l’exigence pour objectiver l’innovation
Le microbiote cutané n’est pas un décor. C’est une composante fonctionnelle de la peau, impliquée dans la protection contre les pathogènes, le dialogue immunitaire et la modulation de l’inflammation. Un écosystème dynamique, fait d’interactions fines entre bactéries, levures, hôte et environnement.
Notre approche repose sur une conviction simple : comprendre un microbiote, ce n’est pas seulement l’identifier. C’est savoir le cultiver, l’interroger et produire une donnée scientifiquement défendable.
C’est précisément ainsi que nous abordons le microbiote cutané : comme un écosystème complexe, dont il faut maîtriser les acteurs, les dynamiques et les mécanismes avant de prétendre en moduler l’équilibre.
Il était une fois, dans les hôpitaux du XXIe siècle, une infection que même les antibiotiques ne parvenaient plus à faire taire. Une infection opportuniste, causée par une bactérie nommée Clostridioides difficile, qui surgissait souvent chez des patients déjà fragilisés… et surtout déjà lourdement traités. Revenons sur l’histoire de cette infection à l’origine de nouveaux traitements.
Caractérisation des probiotiques : démontrer la sécurité et objectiver l’activité
Les probiotiques sont souvent présentés comme une catégorie simple. En réalité, leur caractérisation est devenue un exercice scientifique et réglementaire exigeant. Il ne suffit plus d’identifier une espèce ni d’invoquer un historique d’usage favorable : la démonstration doit désormais être conduite au niveau de la souche, en cohérence avec l’usage visé, la population cible et le cadre réglementaire considéré. Dans les référentiels de référence, un micro-organisme ne peut être qualifié de probiotique au sens strict que s’il est suffisamment caractérisé, sûr pour l’usage prévu, vivant à dose pertinente jusqu’à la fin de vie du produit, et associé à un bénéfice santé documenté. [1,5,7,8]
La question qui se pose alors est « que savons-nous démontrer, de façon robuste, sur son identité, sa sécurité et son activité fonctionnelle ? ». C’est particulièrement vrai pour les souches nouvelles ou peu documentées, pour lesquelles la seule taxonomie est insuffisante. Les cadres EFSA, GRAS et canadiens convergent sur un point central : la caractérisation utile est une caractérisation par souche, interprétée à la lumière de l’usage final. [1–6]