Tous les articles

Les bactéries en font tout un fromage

Publié le 20/05/25 dans les thématiques Microbiotes

Il était une fois le fromage, haut lieu de communication entre champignons et bactéries.

Alléchée par l’odeur des fromages français, une équipe de la Tufts University a publié des travaux sur la manière dont, au sein du Camembert, Roquefort et autres réjouissances, les bactéries utilisent les composés produits par les champignons et adaptent leur comportement.

Revenons au point de départ. Pendant que les champignons croissent sur les croûtes de fromage, ils sécrètent des enzymes qui conduisent à la formation de diverses substances telles que des acides, alcools, aldéhydes, amines, composés sulfurés… C’est parmi ces substances que l’on retrouve les composés organiques volatils (COV).

Ce sont ces molécules qui ont intrigué les chercheurs de la Tufts University. Ces derniers ont alors mis en place un modèle leur permettant d’analyser l’effet des COV produits par les cinq principaux champignons retrouvés dans les fromages, à savoir Galactomyces geotrichum, Debaryomyces hansenii, Penicillium sp., Scopulariopsis sp., et Fusarium domesticum, sur des bactéries phylogénétiquement différentes.

Leurs travaux ont notamment montré que la protéobactérie Vibrio casei répondait le plus fortement aux COV, avec une hausse très importante et rapide de sa croissance. Ces effets ne sont d’ailleurs pas transitoires, car ils se maintiennent après une semaine d’incubation. Les COV fongiques entrainent donc un changement dans la diversité du microbiote des fromages, avec l’apparition de la domination du genre Vibrio.

Poussons maintenant l’analyse un peu plus loin afin de comprendre les modifications génétiques sous-jacentes. L’analyse du profil métatranscriptomique des Vibrio a révélé un changement dans l’expression de 159 gènes, et notamment l’activation du shunt glyoxylate, un court-circuit dans le cycle de Krebs. Ceci permet aux bactéries d’utiliser des composés simples tels que l’acétate ou d’autres acides gras comme sources de carbone, lorsque des sources plus complexes telles que le glucose ne sont pas disponibles. Le fromage étant limité en nutriments pour de nombreuses espèces, ce shunt métabolique constitue le mécanisme présumé par lequel les Vibrio utilisent les COV fongiques pour proliférer rapidement. Ces changements métaboliques pourraient également modifier la manière dont les bactéries produisent des molécules secondaires qui influent sur la saveur du fromage.

Les COV fongiques constituent donc un moyen de communication indirect entre champignons et bactéries, permettant à ces dernières de prospérer, et jouent in fine un rôle primordial sur les qualités gustatives du fromage.

Une meilleure compréhension des interactions au sein des microbiomes des fromages pourrait aider les producteurs à manipuler ces éléments pour améliorer la qualité et la variété des saveurs.
Une perspective qui ouvre l’appétit… !

Actualités et articles

L’histoire d’un microbiote qui devint médicament

Il était une fois, dans les hôpitaux du XXIe siècle, une infection que même les antibiotiques ne parvenaient plus à faire taire. Une infection opportuniste, causée par une bactérie nommée Clostridioides difficile, qui surgissait souvent chez des patients déjà fragilisés… et surtout déjà lourdement traités. Revenons sur l’histoire de cette infection à l’origine de nouveaux traitements.

LIRE L'ARTICLE

Caractérisation des probiotiques : démontrer la sécurité et objectiver l’activité

Les probiotiques sont souvent présentés comme une catégorie simple. En réalité, leur caractérisation est devenue un exercice scientifique et réglementaire exigeant. Il ne suffit plus d’identifier une espèce ni d’invoquer un historique d’usage favorable : la démonstration doit désormais être conduite au niveau de la souche, en cohérence avec l’usage visé, la population cible et le cadre réglementaire considéré. Dans les référentiels de référence, un micro-organisme ne peut être qualifié de probiotique au sens strict que s’il est suffisamment caractérisé, sûr pour l’usage prévu, vivant à dose pertinente jusqu’à la fin de vie du produit, et associé à un bénéfice santé documenté. [1,5,7,8]

La question qui se pose alors est « que savons-nous démontrer, de façon robuste, sur son identité, sa sécurité et son activité fonctionnelle ? ». C’est particulièrement vrai pour les souches nouvelles ou peu documentées, pour lesquelles la seule taxonomie est insuffisante. Les cadres EFSA, GRAS et canadiens convergent sur un point central : la caractérisation utile est une caractérisation par souche, interprétée à la lumière de l’usage final. [1–6]

LIRE L'ARTICLE

Construction de mutants bactériens : concevoir des souches propres, robustes et exploitables

La construction de mutants bactériens est un levier central en microbiologie. Longtemps utilisée pour élucider la fonction des gènes, elle occupe aujourd’hui une place tout aussi stratégique dans des projets de bioproduction, de biotechnologie ou de développement de bactéries thérapeutiques, où la souche modifiée peut devenir le produit final.

Cette évolution change profondément la manière d’aborder la mutagénèse. Il ne s’agit plus seulement de modifier un gène, mais de concevoir une souche cohérente avec son usage final, ses contraintes d’exploitation et son niveau d’exigence réglementaire.

LIRE L'ARTICLE

La lugdunine, ou l’arme secrète d’une irréductible bactérie

Il était une fois une bataille invisible, menée au plus profond de notre nez. Un champ de guerre microscopique, où des bactéries s’affrontent sans relâche pour défendre leur territoire. Un peu comme un village d’irréductibles Gaulois, encerclé de toutes parts… sauf qu’ici, pas de Romains, mais des microbes. C’est dans ce décor étonnamment stratégique qu’un antibiotique inattendu a été découvert : la lugdunine.

LIRE L'ARTICLE

2026 : relever de nouveaux défis scientifiques à vos côtés

Alors que 2026 s’ouvre devant nous, toute l’équipe Smaltis vous adresse ses vœux les plus sincères : que cette nouvelle année soit riche en clarté, en créativité, en collaborations stimulantes… et en avancées scientifiques qui trouvent l’écho qu’elles méritent.

LIRE L'ARTICLE

Tests d’activité antimicrobienne : objectiver, comprendre et anticiper la résistance

Chaque jour, les antimicrobiens affrontent leurs adversaires naturels : les bactéries.
Mais dans cette guerre silencieuse, rien n’est figé : les bactéries apprennent, s’adaptent, se défendent… et développent des mécanismes de résistance toujours plus sophistiqués.
Smaltis est une CRO de microbiologie spécialisée dans l’étude de l’antibiorésistance et l’accompagnement du développement préclinique d’antimicrobiens. Nous soutenons les développeurs de nouveaux antibiotiques, peptides, biocides et autres agents anti-infectieux avec une palette complète de tests in vitro, conçus pour répondre aux projets R&D les plus ambitieux.

LIRE L'ARTICLE

À la rencontre des acteurs de l’innovation

Présence sur les salons phares de l’automne 2025 ! Des dispositifs médicaux aux biothérapies, de la recherche fondamentale à la production industrielle, Smaltis va à la rencontre des porteurs de projets pour mieux comprendre les besoins en microbiologie et construire de nouvelles collaborations.

LIRE L'ARTICLE

Nouvelle structuration de l’offre : 2 Business Units au service de vos projets

Chez Smaltis, notre ambition reste inchangée : mettre l’excellence microbiologique au service de vos innovations. Pour mieux répondre à la diversité de vos besoins, nous avons structuré notre offre autour de 2 Business Units complémentaires, véritables piliers de notre engagement scientifique et technique.

LIRE L'ARTICLE

Malassezia : Cultiver l’invisible, un défi relevé

Certaines levures font de la résistance… en particulier Malassezia restricta.

Cette levure lipophile, naturellement présente sur la peau humaine, est impliquée dans divers déséquilibres du microbiote cutané, notamment ceux associés aux pellicules ou aux dermatites séborrhéiques. Mais la cultiver en laboratoire n’est pas une mince affaire !

LIRE L'ARTICLE

Les bactéries en font tout un fromage

Il était une fois le fromage, haut lieu de communication entre champignons et bactéries.

Alléchée par l’odeur des fromages français, une équipe de la Tufts University a publié des travaux sur la manière dont, au sein du Camembert, Roquefort et autres réjouissances, les bactéries utilisent les composés produits par les champignons et adaptent leur comportement.

LIRE L'ARTICLE

étudions votre projet !

Nos services vous intéressent ? Nos experts sont à votre écoute pour étudier vos besoins et concevoir avec vous une collaboration sur-mesure.

Réservez un appel découverte